jeudi 30 juillet 2026

Atteint le 30 juillet, le jour du dépassement des limites planétaires n’est jamais arrivé si tôt

La planète a atteint son jour du dépassement jeudi 30 juillet, selon l’ONG Global Footprint Network. Cet indicateur marque la date à laquelle l’humanité a consommé toutes les ressources que la Terre peut générer en un an. Ainsi, durant les cinq mois qui restent à l’année 2026, nous vivrons à crédit, utilisant des ressources que la planète n’est plus en mesure de produire.

Si toute l’humanité vivait comme les Français, nous aurions consommé dès le 24 avril l’ensemble des ressources que la planète est capable de régénérer en un an. Ici, la rivière Ardèche, près d'Aubenas (Ardèche).
Wikimedia Commons / CC BY-SA 2.5 / Thomas Rosenau


Nous sommes vraiment « tous responsables » ?


Aujourd'hui, 30 juillet, l'Humanité a consommé tout ce que la planète pouvait produire cette année.

Ce chiffre est un mensonge.

Pas parce qu'il est faux — parce qu'il fait croire qu'on est tous responsables. Il additionne un agriculteur du Sahel qui a perdu trois récoltes d'affilée et un homme qui traverse la Méditerranée en jet privé pour un déjeuner.

Les 1 % les plus riches, eux, avaient épuisé leur budget carbone de l'année dès le 10 janvier. Les 0,1 % dès le 3 janvier. Une semaine de yacht et de jet, pour un ultra-riche européen, émet autant qu'une personne parmi les plus pauvres du monde dans toute sa vie.

Et ce ne sont pas eux qui subissent : les émissions d'une seule année des 1 % causeront 1,3 million de morts liées à la chaleur d'ici la fin du siècle, dans des pays qui n'ont quasiment rien émis.

mercredi 29 juillet 2026

Forêt des Landes : pourquoi ça flambe aussi fort ?

N’a-t-on rien appris depuis les feux qui ont dévasté les Landes à l’été 2022 ? À l’époque déjà, on pouvait lire un peu partout que la région traversait « l’été de tous les records. » Au total, 32 000 hectares de forêts étaient partis en fumée en Gironde, dont 13 800 dans le massif de Landiras. Quatre ans plus tard, il faut déplorer la disparition sous les flammes de 42 000 hectares en Gironde et de 3600 hectares à Biscarosse, dans les Landes, selon les données de l’AFP au 27 juillet 2026.

©Crédit Photographie : Feux en Gironde, le 28 juillet 2026. Crédit : Estelle Ruiz / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP


"Briser le tabou de ne pas replanter" : un géographe, qui a étudié l'incendie de 2022 en Gironde, alerte sur les erreurs de la reconstruction de la forêt


Au cœur des incendies, l'inversion des responsabilités


Face aux mégafeux, que faire ? Opprimer les activistes de l’écologie


Face à la sécheresse et au changement climatique, le lin d’hiver, une véritable alternative ?


Réforme du marché carbone européen : encore du temps de gagné pour polluer
La Commission européenne entend réformer le système d’échange de quotas de CO2 en assouplissant progressivement ses contraintes. Une philosophie assez claire : donner davantage de temps à l’industrie pour sa décarbonation.

Une vue de la raffinerie de pétrole de TotalEnergies à Donges (Loire-Atlantique), le 20 janvier 2023. - © Loïc Venance / AFP


Réintroduction des pesticides interdits : est-ce vraiment « la science » qui décidera ?


Le projet de serre tropicale géante Tropicalia abandonné dans le Pas-de-Calais
Le projet lancé il y a dix ans et qui devait voir le jour près de Berck-sur-Mer n'a pas trouvé son financement. Ses promoteurs espèrent désormais le vendre à l'étranger.

Le coût du projet avait grimpé à 100 millions d'euros. Le coût du projet avait grimpé à 100 millions d'euros. (Photo DR)

 

 

 

« Emmanuel Macron a entubé tout le monde » : le paléoclimatologue Jean Jouzel dresse un cinglant bilan écologique du président

L’ancien président du GIEC, Jean Jouzel, pointe les dégâts du réchauffement climatique avec les nombreuses canicules et incendies qui touchent le pays. Il critique également les actions entreprises sous les deux mandats d’Emmanuel Macron.

Pour Jean Jouzel, « nous prévenons depuis cinquante ans qu’un réchauffement climatique de +1,5 °C par rapport à l’ère pré-industrielle s’accompagne d’une intensification des événements météorologiques extrêmes. »
Archives / LAURENT THEILLET / SO


Face à la sécheresse, l’État accusé de tergiverser


Après sa démission avortée, Monique Barbut a suivi la crise des incendies depuis sa villa dans le Var



Transmission des fermes : la région Paca coupe 100 000 euros de subvention


JO 2030 : « Ce contrat olympique est un scandale d’État »


Faut-il réformer le DPE pour mieux prendre en compte les «bouilloires thermiques» ?


Pénélope Bagieu : “Il faut expliquer aux enfants que ce n’est pas avec les Canadair qu’on va empêcher le monde de brûler”
Dans un été éprouvé par la violence des mégafeux, la BD de la dessinatrice sur les Canadair et la lutte contre les incendies trouve une résonance particulière. Un ouvrage documentaire destiné aux plus jeunes, qu’elle a voulu pédagogique.

« Incendie ! Canadair à la rescousse », une BD jeunesse signée Pénélope Bagieu.
Illustration Pénélope Bagieu/Éd. Gallimard jeunesse


L’architecture espagnole à la pointe de l’innovation écologique : quatre exemples inspirants


Les véloroutes de la région, des itinéraires cyclables méconnus qui emmènent bien plus loin qu’on ne l’imagine

Ils ont besoin de nous !


La canicule frappe à nouveau la France dans un contexte de feux de forêts inédit. Pour la faune sauvage déjà durement éprouvée, les conséquences sont dramatiques. Rien qu'entre le 1er juin et le 16 juillet, la LPO a comptabilisé plus de 10 000 sollicitations liées à des animaux sauvages en difficulté.

mardi 28 juillet 2026

Les feux de forêts actuels sont-ils vraiment exceptionnels et imprévisibles ?

Pas tant que ça...

Les incendies en France ont désormais brûlé plus de 91'000 hectares, de loin le plus grand nombre d’une année depuis le début des enregistrements satellites en 2006 alors que nous sommes seulement à la moitié de l’été !
La superficie brûlée actuelle est environ 34 fois plus grande à cette date qu’en moyenne historique.
En Espagne, les incendies sont actuellement les deuxièmes plus élevés pour cette période de l’année, avec 8 fois la surface brûlée en une année moyenne, mais ils restent en cours pour battre le record de surface brûlée annuelle établi l’an dernier (2025).
Le Président Macron a visité la Gironde hier et s'est présenté ensuite devant les médias. Il a alors qualifié l'été 2026 d'atypique, ce qui veut dire que cet été "sort de la norme". Il a aussi dit qu'un tel feu était "inédit".
Derrière l'exercice de style qui doit bien entendu respecter un certain nombre de codes (expliquer, rassurer, montrer le côté exceptionnel de la situation, mettre en avant les moyens déployés et témoigner du soutien de la nation), ces propos appellent quand même certaines remarques.
Si ce type de méga feu convectif est une première en France, ce n'est, de loin, pas la première fois que ce phénomène survient en Europe.
Le feu de Pedrogao Grande au Portugal en 2017 fut le premier feu de ce type répertorié (53.000 ha brûlés, 66 morts). En Espagne, les feux de la Sierra de la Culebra (30.000 ha) et du Vall d'Ebo (13.000 ha) en 2022 étaient du même type. En Grèce, le feu de Mati en 2018 a marqué les esprits par son très lourd bilan humain (103 morts), et le feu d'Evros-Alexandroupoli en 2023 est jusqu'alors le plus grand feu jamais observé en Europe (96.000 ha).
Si ce type de feu est inédit en France, il ne l’est donc pas en Europe et il était plus que prévisible que ces phénomènes arrivent de plus en plus vers le nord avec le réchauffement climatique.
Enfin qualifier l'été 2026 d'atypique, c'est avoir une vision tournée vers le passé, alors que le réchauffement climatique commande au contraire d’actualiser chaque année les risques et d’être tourné vers l’avenir. Car , si l’été 2026 est beaucoup plus chaud que la normale 1990-2020 (pour l’instant juin 2026 est +3.8°C, record absolu), l‘écart n’est pas si important que ca : la dérive climatique française en explique presque la moitié et rapproche l’été 2026 de l’été 2005 ou 2017.
Le président ne peut pas à nouveau nous dire son "qui aurait pu prédire?".
Pour information, en 2050, pour une année moyenne :
- Les vagues de chaleur seront 5 fois plus fréquentes
- Le risque d’incendies sera multiplié par 2 en nombre de jours à risque élevé et par 4 en surface brûlée
- Les sécheresses des sols seront plus longues et intenses
On peut comprendre que le politique soit pris entre deux feux (excusez ce mauvais jeu de mots), à savoir gérer les urgences court terme qui se succèdent et anticiper les menaces long terme. Mais on peut toutefois se demander pourquoi les politiques ont tant de mal à écouter les scientifiques et à intégrer leurs alertes dans l'action politique. En ignorant ou négligeant les messages scientifiques, les politiques voient ces menaces long terme se muer soudainement en priorité court terme, voire immédiate, avec un manque total de préparation.
La communauté scientifique des sciences du climat nous dit que ce type de méga feux convectifs ont aujourd'hui 1000 fois plus de risque de se produire à cause du dérèglement climatique. Sortons donc collectivement du déni qui nous habite et préparons sérieusement nos territoires et nos populations au climat des décennies à venir.
Et surtout, essayons de choisir des représentants politiques qui prennent en considération ces défis à venir.
(par adrien Couzinier)



Les géants pétroliers ont doublé leurs profits depuis le début de la guerre en Iran

Le monde brûle, et les compagnies pétrolières s’apprêtent à doubler leurs profits entre le premier et le deuxième trimestre de 2026. C’est ce que montre l’ONG Oxfam dans une nouvelle analyse publiée le 28 juillet.

Les bénéfices des principales compagnies pétrolières, dont TotalEnergies, devraient doubler entre le premier semestre de 2026 et le deuxième, calcule l'ONG Oxfam. - © P-O. C. / Reporterre


La romancière Agnès Ledig rend sa Légion d'honneur, "la goutte de pesticides de la loi d'urgence agricole a fait déborder le vase de ma colère"


Avec la loi d’urgence agricole, la France contrevient au droit international sur les zones humides


Loi d’urgence agricole : pourquoi la droite et le centre ne lâchent rien sur les néonicotinoïdes et le stockage de l’eau


Vague de chaleur : les poules pondent moins d’œufs, et des œufs plus petits


L'IA : le coup d'État d'une idéologie scientifique dans une société consentante


Ces canaux provençaux vieux de cinq siècles rechargent les nappes et font vivre les paysans


Morts de la canicule : « Le gros du problème, c’est le logement »


Pesticides : le Conseil d’État invalide cinq chartes départementales qui protégeaient plus les agriculteurs que les habitants

L’instance a réaffirmé que l’information des riverains sur les épandages doit être effective et que les chartes ne peuvent se contenter de renvoyer à des dispositifs vagues, non contraignants ou laissés au libre choix des exploitants. © iStock


Consigne du verre : les groupes industriels reprennent la main en écartant les petites boîtes


 «Même au-delà de 2100, le niveau de la mer continuera d’augmenter» : les solutions du Mont-Saint-Michel face au changement climatique

Tous les ans, plus de 2,8 millions de touristes visitent le Mont-Saint-Michel. © Lilou Hiver/Vert

« L’époque n’encourage pas la nuance » : guide « un peu bourrin » pour orienter les décideurs sur l’écologie

Dans sa nouvelle BD, Alessandro Pignocchi se demande si la politique peut se hisser à la hauteur des enjeux de l’urgence écologique. Reporterre vous propose de découvrir la première moitié de cet album, qui sera publié le 8 octobre.

Un moment de contemplation sur la zad de Notre-Dame-des-Landes. - © Alessandro Pignocchi

Contre le réchauffement climatique, « les solutions sont pourtant là », explique Jean Jouzel

Le paléoclimatologue et ancien vice-président du Giec Jean Jouzel pointe les conséquences du réchauffement climatique. « Un fossé sépare la politique de la réalité ». Il appelle les candidats à la présidentielle à se saisir pleinement du problème.

Pour Jean Jouzel, « on est en train de préparer un monde à + 3 °C où les jeunes auront beaucoup de mal à s’adapter. Et pourtant les solutions pour lutter contre le réchauffement climatique sont connues. » | MATHIEU PATTIER / OUEST FRANCE


Comment dépasser notre sidération devant les incendies ?


On sait bien que le contexte qui favorise la multiplicité et la fulgurance de ces incendies, c'est évidemment le changement climatique. C'est pour ça qu'on se rassure en se répétant que 9 incendies sur 10 sont d'origine accidentelle ou criminelle : il est donc possible de trouver les coupables, alors que la responsabilité du changement climatique nous apparaît diffuse, faute de corrélation directe entre les émissions de gaz à effet de serre d'un lieu et les impacts climatiques subis par ce même lieu.


L’incendie en Gironde met en évidence l’exposition des sites Seveso aux risques des feux de forêt


Incendies : le cercle vicieux du carbone libéré par les flammes


Face aux incendies, les Écologistes réclament un « État-providence climatique »


Lutte anti-incendie : quels partis politiques ont voté ?




 « Les plaines agricoles brûlent désormais avec la même vitesse et la même intensité que les forêts » : comment les paysages français favorisent les incendies XXL