samedi 30 mai 2026

Consignes dangereuses, propos polémiques, attentisme : la gestion de la canicule par le gouvernement provoque la consternation


Alors que le pays ploie depuis plus d’une semaine sous des températures inédites pour un mois de mai, l’attitude du gouvernement a plusieurs fois médusé les expert·es, politiques ou journalistes pris à témoin. Retour sur quatre épisodes marquants.

La ministre de la santé, Stéphanie Rist, arrive à la réunion interministérielle sur la canicule, le 28 mai.
© Xose Bouzas/Hans Lucas via AFP

Pour améliorer un bâti scolaire inadapté, le chercheur Amaury Fievez a donné à Vert des solutions efficaces, rapides et faciles à mettre en œuvre (notre article).

Vert est également allé visiter l'un des sept établissements scolaires de Rosny-sous-bois (Seine-Saint-Denis), conçus comme des laboratoires climatiques.

Dans le centre de loisirs Jacques-Chirac, en face de l’école maternelle, tout est pensé pour empêcher le froid et la chaleur de rentrer. © Yann Castanier/Vert

Il faut politiser les canicules

Mai 2026. Alors que la canicule touche à sa fin et que les médias en parlent depuis 6 jours, le constat est toujours le même, comme si nous étions dans le film Un jour sans fin. 6 jours de direct, de reportages de TGV bloqués, de vendeurs de glaces avec le sourire et de débats sur la climatisation. On y mentionne parfois, après 5 min de reportage ou un très long texte, le changement climatique. On y mentionne rarement voire jamais les énergies fossiles. Surtout, les causes ne sont jamais mentionnées. Comme lors de l’été 2025, le niveau d’information sur le climat n’a jamais été aussi mauvais.

©Crédit Photographie : Copie d’écran BFM TV


La parole climatosceptique se déchaîne pendant la canicule, sur les réseaux et certains médias


Inaction climatique : Agir pour l'environnement attaque l'État français !


« Arrête de chouiner » : la violence climatique faite aux enfants


Une canicule sponsorisée par TotalEnergies


35°C dans la classe : quand passer le BAC devient infernal


Rendre les villes plus fraîches ? On sait comment faire depuis des siècles


Canicule : « Dans les logements sociaux, on cuit dans l’indifférence »


« On pensait pouvoir échapper à ce type d’événements » : l'agriculture dans le flou face à la canicule

vendredi 29 mai 2026

Parler du climat sans plomber l'atmosphère


"Je suis frappé non seulement par le fait que l’information sur le climat est souvent plombante, mais aussi par le fait qu’elle est généralement centrée sur nous-mêmes..."

Alimentez les centres de données de l'UE à 100 % aux énergies renouvelables !


Des milliers de centres de données (ou data centers) immenses, très gourmands en énergie, qui font flamber les prix de l'électricité pour nous tous. C'est ce qui risque d'arriver si nous n'exigeons pas une alternative.

jeudi 28 mai 2026

Aux origines de la voiture électrique, l’histoire d’un diable rouge et d’une torpille jamais contente


Qui a déjà entendu parler de Camille Jenatzy ? Cet ingénieur belge, surnommé le « Diable rouge », fut pourtant le premier homme à franchir la vitesse de 100 km/h. La prouesse a été accomplie au printemps 1899 sur une voiture électrique en forme d’obus et baptisée la « Jamais Contente ».

À droite, la Jamais Contente de Camille Jenatzy, première voiture à avoir franchir la vitesse de 100 km/h. À gauche, un taxi new-yorkais Electrobat, modèle construit en 1894 par l’ingénieur mécanique Henry G. Morris et le chimiste Pedro G. Salom. Max de Nansouty/New York Tribune, CC BY

Canicule et logement : les grands oubliés du projet de loi Jeanbrun


Le projet de loi porté par Vincent Jeanbrun passe totalement à côté de l’un des enjeux majeurs du logement aujourd’hui : l’adaptation des logements à la canicule et au dérèglement climatique.


La France frappée par un épisode de pollution à l’ozone inédit par sa précocité : une « double peine asphyxiante »


Les climatosceptiques font perdre du temps


Le réchauffement climatique expose davantage les humains aux espèces les plus dangereuses de serpents


« À force d’isolement, la population se réduit et meurt » : le GON alerte sur la fragmentation des habitats naturels

mercredi 27 mai 2026

"France Urgence climat" : un livre sur les impacts région par région

Réalisé par les experts du Réseau Action Climat, voici le premier livre détaillé sur les conséquences du changement climatique en France. Un constat alarmant, région par région, qui nous concerne toutes et tous.

© Jerome Gilles - NurPhoto via AFP



Comment le consensus scientifique sur l’influence majeure des humains sur le climat a été établi


Cette vague de chaleur hors norme n’aurait pas dû avoir lieu.

Selon le climatologue Christophe Cassou, un tel « ovni climatique » aurait été statistiquement impossible dans le climat préindustriel (1850-1900), avant le réchauffement dû aux énergies fossiles. Et pourtant, la France connaît un épisode de chaleur qui bat actuellement tous les records. Et le Gouvernement annonce déjà 7 décès liés “directement ou indirectement à la chaleur”. 
Un bilan déjà grave qui doit inviter nos responsables politiques à prendre davantage au sérieux les alertes des scientifiques : nous savons que le changement climatique rend les canicules plus fréquentes et plus intenses. Des pics de chaleur à 50°C sont à attendre d’ici la fin du siècle.
Au-delà de l’urgente et nécessaire réduction de notre usage des énergies fossiles, principales responsables du désastre en cours, nous devons également nous adapter pour protéger la population, en particulier les plus vulnérables.
Cela passe notamment par une accélération de la rénovation thermique des bâtiments, ou encore par des plans d’urbanisme pensés pour la chaleur en ville (création de points d’eau, végétalisation, couleurs et matières plus adaptées…).
ne solution simple à mettre en place du côté des collectivités est également d’organiser et de communiquer dès que possible une liste de points de fraîcheur dans les territoires, accessibles pour offrir des zones d’abri et de repos aux habitant·es.

 

 

 

Sainte-Soline : comment l’anathème «écoterrorisme» de Gérald Darmanin a désinhibé les policiers

Qualifiés de «terroristes» en 2022 par le ministre de l’Intérieur, les militants écologistes ont été traités comme tels lorsqu’ils sont retournés à Sainte-Soline en mars 2023. Sa responsabilité est très lourde.

Un manifestant lors d'un rassemblement contre les violences policières après les évènements de Sainte-Soline, à Paris le 30 mars 2023. (Amaury Cornu/Hans Lucas. AFP)


Sainte-Soline : des députés écologistes et insoumis réclament une commission d’enquête


Sainte-Soline : le gendarme qui a failli tuer Serge Duteuil-Graziani identifié


Comment discerner la désinformation climatique et comment y réagir? Qui la construit, qui la diffuse?



Canicule : "On sait gérer la crise, mais ça ne veut pas dire qu'on est adapté", souligne la consultante Marine Braud


Les idées des politiques contre la canicule disent beaucoup de leur rapport à l’écologie


Les Ateliers de l'Adaptation au Changement Climatique


Produits ultratransformés : 43 associations pressent le gouvernement d’agir


Résistance aux pesticides : le grand champ de bataille


PFAS : Sophie Binet, à la tête de la CGT , poursuivie pour diffamation par Tefal


30 ans pour les ours Slovènes des Pyrénées


Biodiversité : comprendre la nature pour mieux la préserver


Nutri-score : « Que faut-il de plus pour le rendre obligatoire ? » interrogent 79 organisations


L’urgence agricole, c’est un changement de modèle pour préserver les êtres humains et le vivant


Le secteur du bâtiment, reflet des inégalités mondiales face au changement climatique

mardi 26 mai 2026

« Cet épisode de chaleur est un événement sans précédent », prévient le climatologue Christophe Cassou

Le directeur de recherche du CNRS à l’Ecole normale supérieure revient, dans un entretien au « Monde », sur les conditions climatiques qui permettent au pays de connaître des températures inédites pour la saison. Il rappelle la nécessité d’agir politiquement contre le réchauffement.

Un groupe d’enfants remplit une bouteille d'eau à une fontaine sur le parc des Chantiers, à Nantes, le 25 mai 2026.
JÉRÉMIE LUSSEAU POUR « LE MONDE »


Ventilateur de plafond, rideaux thermiques… Cinq solutions simples et efficaces contre la chaleur


Climatologie et Historique météo

Warming Stripes - Anomalie de température - Référence : moyenne 1991–2020 = 11.1 °C


Proposition d’un «référendum sur le nucléaire» : l’écolo Sandrine Rousseau fait entendre sa propre musique


« Des grains de sable dans la machine » : partout en France, des mobilisations contre le béton


Mondial 2026 : une fresque avec des baleines détruite pour la Coupe du monde


Vous risquez de tomber malade, si vous vous informez mal

« Participez au grand comptage national des oiseaux des jardins »


Les 30 et 31 mai 2026, la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) et le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN) invitent le grand public à participer à la 14ᵉ édition du comptage national des Oiseaux des jardins.

lundi 25 mai 2026

Sauvons les enfants du plastique dans les cantines scolaires


C’est un scandale sanitaire : le plastique, même réutilisable, reste un polluant majeur : il libère des substances toxiques au contact des aliments chauds, gras ou acides, mettant en danger la santé des enfants. Leur effet sur la santé est de plus en plus documenté, sans parler de leur effet sur l’environnement.

“Creys-Malville 1977, mourir pour la planète” : un doc pertinent sur les manifs écolo réprimées dans la violence


De Creys-Malville à Sainte-Soline en passant par Sivens, ce documentaire tisse des liens entre les manifestations écologistes, durement matées par les forces de l’ordre. Olivier Toscer met en évidence les révoltantes permanences.
Lundi 25/05 à 23h10 France 3 - mardi 02/06 à 01h05 France 3


« Ce qu’on veut, c’est aider » : des habitants achètent des terres qu’ils louent à des paysans bio


Pourquoi les virus d’origine animale se multiplient


L’affaiblissement de l’Ademe, une nouvelle contribution du gouvernement à la régression écologique


Philippe Drobinski : « Il faut envisager la possibilité de canicules beaucoup plus extrêmes »


Traité sur l'Antarctique


« Nous nous dirigeons vers une sécheresse inquiétante » : un professeur alerte sur les ressources en eau dans le Cambrésis


Loi d’urgence agricole : une des mesures votées à l’Assemblée privera-t-elle les consommateurs français de riz, de café ou de chocolat ?


« Je voulais faire une agriculture propre » : en Mayenne, des éleveurs réduisent la pollution aux nitrates en faisant davantage pâturer leurs vaches


Le Calantha, premier pesticide à ARN interférent autorisé en Europe, attaqué devant la justice belge


Vélo : un usage en hausse début 2026, surtout en ruralité


Pour extraire son sable, Lafarge dévore les méandres de la Seine


Pollution sonore sous-marine : près de la moitié des Français ne connaissent pas le sujet


"Des molécules antistress sont générées" : dans les Vosges, quand la forêt soigne

samedi 23 mai 2026

Des micro et nanoplastiques aux PFAS : recherches sur ces pollutions diffuses - Jeudi 28 mai 2026 de 11h à 12h30


Nous avons le plaisir de vous inviter au premier rendez-vous de notre série de 4 webinaires organisée à l’occasion des 20 ans du PNR EST dont l’objectif est de soutenir la communauté scientifique dans sa production de connaissances en santé environnement et santé travail.

TotalEnergies, Shell... Pourquoi les majors pétrolières renoncent à leurs projets verts


Les grandes entreprises pétrolières sont-elles en train de profiter du contexte politique international pour reculer sur leurs projets de transition énergétique ?

L’abandon de deux de ses parcs éoliens offshore aux États-Unis par TotalEnergies crée un précédent susceptible d’écorner la crédibilité des engagements environnementaux des majors pétrolières. ShutterDesigner/Shutterstock


Sommes-nous vraiment libres de nos opinions ? ou nos choix sont-ils, parfois à notre insu, influencés par des stratégies de persuasion toujours plus sophistiquées ? 

À l’heure des réseaux sociaux, des campagnes de désinformation et des algorithmes qui orientent notre attention, comprendre comment circulent les idées et se construisent les croyances est devenu un enjeu démocratique majeur.
C’est dans ce contexte que nous vous invitons à participer à notre prochain webinaire « Désinformation : sommes-nous tous manipulés ? », qui aura lieu le jeudi 28 mai de 18 h 30 à 19 h 45.

STOP AU SURTOURISME ! Exigeons une ligne rouge


NOUS, habitantes et habitants de Nice et de la région, sommes exaspéré·es de passer après les logiques économiques liées au surtourisme. Transports surchargés, difficulté à trouver un logement, surcoût de la vie, nuisances sonores, pollution atmosphérique : notre vie quotidienne est devenue une épreuve !

Projet de loi d’urgence agricole : le gouvernement réussit à rétablir le volet eau à l’Assemblée nationale

Les députés qui examinent, depuis mardi, le texte ont rétabli deux des principales mesures de ce volet décrié par les associations environnementales : l’une sur les zones humides et l’autre sur les captages d’eau potable. L’examen du texte se poursuit la semaine prochaine.

A l’Assemblée nationale à Paris, le 5 mai 2026. ALICE SACCO/REUTERS


Des précipitations plus concentrées dans le temps affectent les ressources en eau


Le Nord et le Pas-de-Calais placés en vigilance sécheresse


Comment fonctionnent les climatiseurs et pompes à chaleur ? L’éclairage de la thermodynamique


Qu’est‑ce que le rafraîchissement passif ?


Face à la crise des engrais chimiques, l’Afrique dispose d’une alternative

Alors qu’une crise des engrais se profile, les États africains devraient investir dans une agriculture durable pour accroître les rendements et renforcer la sécurité alimentaire.

Un groupe d'agriculteurs africains travaillant dans un champ luxuriant en pleine journée. © Alex Gamaliel/Pexels


Géopolitique : comment le blé devient une arme stratégique avec le changement climatique


Soirées techno et huile d’olive : une ferme engagée menacée de fermeture


« Le béton est le matériau le plus utilisé dans le monde mais personne ne sait d’où vient son parpaing »


Fabrice Piette, nouveau Président du SIAVED

Crise climatique : et si on vivait mieux ?

La géographe Magali Reghezza-Zitt publie "Bienvenue en 2055" (Seuil). Elle imagine une société débarrassée des énergies fossiles, et plus heureuse. Une "fiction scientifique" réussie.

La géographe imagine une "fiction scientifique possible" ©Radio France - Jean Leymarie


Dix livres de science à découvrir : loi Duplomb et fake news, cellule humaine, cétacés, cosmologie…


ZFE, ZAN : en censurant la loi de simplification, le Conseil constitutionnel sauve deux mesures écologiques phares


Noémie Calais, de Sciences-Po à l’élevage : « L’agriculture de demain se fera par l’entraide et le collectif »


Grande distribution : « Vendre des produits sains à prix coûtant, c’est possible »

Vert est en campagne pour créer une équipe d’enquête et de solutions sur les pollutions et la santé


Cadmium, PFAS, pesticides toxiques… En 2026, plus que jamais, nos dirigeant·es ont choisi les industriels au détriment de notre santé et de l’environnement. Pour répondre à l’intoxication des corps et des débats, Vert a l’ambition de créer une équipe inédite qui mêlera journalistes, scientifiques et citoyen·nes.

Loup Espargilière © Vert


Loi d’urgence agricole : les députés valident un article controversé sur les bassines… et s’attaquent à la démocratie de l’eau


« L’État a failli » : des associations et riverains attaquent la France pour son «inaction» contre la pollution aux PFAS

Lyon (Rhône), le 30 septembre 2024. Une banderole de l’ONG Générations futures lors d’un rassemblement contre l’utilisation des PFAS. © Matthieu Delaty/Hans Lucas via AFP 


«L’obligation de subir nous donne le droit de savoir» : au Sénat, Loup Espargilière rappelle l’urgence de lutter contre la désinformation

vendredi 22 mai 2026

En France, l’inquiétante envolée des émissions de CO₂ des data centers

De plus en plus voraces en énergie, les data centers ont vu leurs émissions de gaz à effet de serre croître de 23 % en 2024 en France, selon une étude. Cette tendance devrait aller crescendo alors que le pays investit massivement dans ces installations, essentielles à l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle.

Des systèmes de refroidissement, sur le toit du centre de données MRS3 d’Interxion, dans le port de Marseille, le 8 juillet 2020.
CLEMENT MAHOUDEAU/AFP


Des eurodéputés demandent la levée du secret sur l’empreinte environnementale des centres de données


 

 

 

Sensibles à l’artificialisation de la Brayelle, les Amis de Douai écartés de Douaisis Agglo Tourisme

L’association Les Amis de Douai, qui avait reçu délégation de la ville pour gérer le tourisme à Douai en 2001, vient d’être écartée de l’administration de l’office de tourisme, géré depuis 2017 par Douaisis Agglo.

Les Amis de Douai, qui participaient à la gestion du tourisme depuis 2001, en ont été écartés par l’agglo. 

ZFE : le Conseil constitutionnel annule la suppression des zones à faibles émissions

Les membres du Conseil ont censuré 25 articles de la loi de simplification de la vie économique, dont celui abrogeant les ZFE, estimant qu’ils étaient sans lien avec l’intention initiale du texte.

Un panneau situé sur le périphérique indique que les véhicules munis d’un macaron Crit’Air de niveau supérieur à 2 ne sont pas autorisés en raison de la pollution de l’air, à Paris, le 31 juillet 2020. ALAIN JOCARD/AFP



Climat : l’ONU adopte une résolution visant à renforcer la responsabilité des Etats


«Coûteux, inefficace», «aberration environnementale» : pourquoi le projet de Macron de consigne des bouteilles plastique fait l’unanimité contre lui


Ecologie de guerre, ou guerre à l’écologie ?


L’Assemblée nationale vote pour l’interdiction de l’importation de biens alimentaires produits avec des pesticides interdits en France


Climat : vivre autrement


Voiture : l’urgence de planifier la sobriété


La réforme de l’Ademe jugée « pas satisfaisante en termes de bonne administration » par le Conseil d’Etat


Qui va payer la facture du «grand plan d’électrification» chiffrée à 70 milliards d’euros par an ?


« Il existe un double besoin dans la transition écologique : des formations dans l’emploi et des formations permettant de changer d’emploi »


Comment les communautés d’arbres façonnent le fonctionnement souterrain des forêts européennes

Une vague de chaleur anormale va toucher la France : « On ne devrait pas s’en réjouir »

Après quelques jours relativement frais, des températures anormalement élevées vont toucher la France du 22 au 26 mai. Une conséquence du changement climatique, qui pourrait entraîner de nouveaux records printaniers.

U n ouvrier se désaltérant lors d'une forte vague de chaleur, en 2025 (illustration).
© Jean-François Fort / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP


« Trahison », « deuil », « postures » : le bilan amer d’anciens membres de la Convention citoyenne pour le climat



Catastrophe naturelle pour retrait gonflement des sols : 26 communes du Nord reconnues


Face à la crise climatique, « il n’est pas impossible que nous ayons d’abord le chaos avant d’avoir de nouvelles normes de vie » : les extraits du livre d’entretiens « Chaleur humaine »


Lucas Chancel, économiste : « Essayer de résoudre le problème du changement climatique sans s’attaquer aux inégalités ne sert à rien »


En France, le déclin des oiseaux insectivores est clairement lié aux pesticides… mais tout peut encore changer


Les nappes d’eau souterraines sont largement perturbées à l’échelle mondiale, avec des quantités en recul dans 29 % des points surveillés


Océan : les emballages alimentaires sont les principaux responsables de la pollution plastique


« Cela me fend le cœur » : pour protéger une fleur rare, un châtelain se dresse contre l’A69

jeudi 21 mai 2026

Le projet de loi État local prévoit de transférer les directions régionales de l'Ademe aux Dreal.

Le conseil d'administration de l'Ademe s'oppose au transfert de personnels aux Dreal

Une majorité d'administrateurs de l'Ademe s'oppose au projet de loi relatif à l'État local qui prévoit le rattachement de ses directions régionales aux services déconcentrés de l'État. Le projet a été présenté ce 20 mai en Conseil des ministres.

Le conseil d'administration de l'Ademe s'oppose au transfert de personnels aux Dreal

Le projet de loi État local prévoit de transférer les directions régionales de l'Ademe aux Dreal.

 

Le projet du Gouvernement ne passe pas. Mardi 20 mai, à l'occasion d'un conseil d'administration extraordinaire, une majorité d'administrateurs de l'Ademe (15 voix contre 10) a adopté une délibération (1) demandant à l'exécutif de retirer l'article 7 du projet de loi relatif à l'État local, présenté ce mercredi en Conseil des ministres et qui porte sur l'établissement public.

 

Cet article prévoit de transférer les directions régionales de l'Agence de la transition écologique aux services déconcentrés de l'État (Dreal (2) , Drieat (3) et Deal (4) ). Plus d'un tiers des 1 200 salariés de l'établissement public seraient ainsi « repositionnés » d'office dans ces services et placés sous l'autorité du préfet de région. Or l'agence a pour mission d'assurer le financement et l'accompagnement de projets contribuant à la transition écologique dans des domaines variés : « énergie, économie circulaire, décarbonation de l'industrie, mobilité, bâtiment, qualité de l'air, consommation et production responsables, alimentation durable, bioéconomie, gestion des sols, adaptation au changement climatique et transition juste ».

 

« Optimisation de l'action publique »

 

Dans une tribune publiée le 15 mai dans La Tribune (5) , le ministre délégué à la transition écologique, Mathieu Lefèvre, a tenté d'expliquer que l'établissement n'était pas en danger. « Ce n'est pas un démantèlement, mais une optimisation de l'action publique. L'Ademe conservera son rôle clé dans le financement et l'expertise, tandis que les Dreal piloteront la mise en œuvre opérationnelle, sous l'autorité des préfets. Résultat : moins de bureaucratie, plus d'efficacité », a plaidé le représentant du Gouvernement, après avoir évoqué des chevauchements de compétences entre les différents services, en particulier sur les sites pollués.

 

Cette tribune du ministre répondait à une déclaration intersyndicale (6) des organisations du comité social d'administration ministériel de l'Ademe, adoptée le 28 avril, et à une tribune, publiée le 5 mai dans le Nouvel Obs (7) , par plus de 250 associations et personnalités. Les syndicats avaient dénoncé un dispositif qui détruit l'Ademe sans le dire : « Des salariés mis à disposition d'office d'un service dont la logique, la culture et la chaîne hiérarchique sont celles du ministère de l'Intérieur ne sont plus, dans les faits, des salariés de l'Ademe. L'agence, privée de son réseau territorial et de ses personnels sur le terrain, ne pourra plus exercer ses missions légalement assignées. Il ne restera d'elle qu'une coquille institutionnelle, vidée de sa substance opérationnelle ».

 

Les signataires de la tribune disaient également craindre une possible extinction de l'agence. « Pourquoi mettre à mal un modèle efficace, ancré dans les territoires et peu coûteux ? », interrogeaient-t-ils, dénonçant une campagne de dénigrement de l'agence active depuis octobre 2024 qui entretient une confusion entre le budget de fonctionnement de l'établissement public (135 M€) et son budget d'intervention (plus de 3 Md€) qui permet de soutenir plus de 8 000 projets chaque année, qu'il s'agisse de décarbonation industrielle, de traitement de sites pollués, de développement de réseaux de chaleurs, d'approvisionnement en matières recyclées ou encore de report modal.

 

Rôle de conseil et d'accompagnement de projets innovants

 

Les administrateurs de l'agence prennent aujourd'hui position dans le même sens. « L'Ademe a un rôle de conseil et d'accompagnement de projets innovants qu'il faut distinguer du rôle de contrôle opéré par les services de l'État (…). Ce modèle permet de mettre en œuvre des politiques publiques coordonnées à l'échelle nationale, agiles, efficaces, et respectueuses de la démocratie locale (…). Depuis plus de 30 ans, ce modèle a fait ses preuves selon les différents rapports des inspections qui contrôlent régulièrement l'Ademe », indique la délibération adoptée.

 

“ Le ministre a été incapable de donner deux exemples pour justifier l'article 7 du projet de loi et dire en quoi il permettrait de faire mieux ”

Jean Revereault, vice-président d'Intercommunalités de France

« C'est une sale journée pour la transition écologique, vu des territoires », s'indigne Jean Revereault, vice-président d'Intercommunalités de France et administrateur de l'Ademe, à l'occasion d'une conférence de presse tenue le 19 mai à l'initiative des quatorze administrateurs ayant sollicité le conseil d'administration extraordinaire. « Le ministre a été incapable de donner deux exemples pour justifier l'article 7 du projet de loi et dire en quoi il permettrait de faire mieux », ajoute ce représentant des collectivités territoriales. « Nous avons un profond sentiment d'une méconnaissance de ce que font les élus territoriaux sur la transition écologique et de l'articulation des différentes échelles d'intervention de la puissance publique », renchérit Jérémy Godet, vice-président de la région Centre Val-de-Loire, également administrateur. « L'Ademe a aussi un rôle important d'acquisition de connaissances et de trait d'union entre scientifiques et décideurs », rappelle par ailleurs une administratrice représentante des salariés.

Pour Anna Pic, députée socialiste, également administratrice, on a affaire à « une lente dérive des gouvernements successifs qui ont succombé à la volonté de certains groupes politique de remettre en cause les expertises scientifiques et techniques ». Plusieurs décisions défavorables à l'Ademe ont en effet déjà été adoptées ces derniers mois comme une circulaire relative à l'encadrement préfectoral des opérateurs de l'État, une autre sur la communication de l'État, et surtout des coupes budgétaires. « Les budgets d'intervention de l'Ademe ont été sévèrement coupés ces deux dernières années, en particulier sur l'économie circulaire et les mobilités actives », pointe ainsi Anne Bringault, porte-parole du Réseau Action Climat (RAC), membre du conseil d'administration en tant que personnalité qualifiée.

 

Risque d'invisibilisation

 

Un administrateur représentant des salariés point le risque « d'invisibilisation » de l'Ademe après les attaques sur son budget communication, sur son budget d'intervention, puis en intégrant ses agents dans les Dreal. « Il sera alors plus facile de supprimer les politiques de transition écologique liés à notre action », alerte cet administrateur. En effet, derrière cette réforme se cache aussi un enjeu politique, dès lors que les agents de l'Ademe transférés dépendront des préfets. « En cas de changement de majorité, de nouvelles missions seraient assignées aux préfets », prévient la députée Anna Pic, dans une allusion au risque d'arrivée de l'extrême-droite au pouvoir en 2027.

 

Le transfert de salariés de droit privé dans les services de l'État pose également des questions sociales, soulevant des interrogations juridiques. « La mise à disposition d'office de personnels sans consentement individuel, telle que prévue dans le projet de loi, constitue une dérogation majeure aux principes fondamentaux du droit de la fonction publique et du droit du travail, estiment les syndicats. Elle expose l'Administration à un contentieux individuel et collectif de grande ampleur, dont le coût humain et financier sera supporté par les agents et par l'État ». D'autres risques, liés aux compétences cette fois, sont pointés. Ainsi, Anne Bringault du RAC craint un risque « de départs et de perte d'expertise », si les salariés de l'Ademe refusent d'intégrer les services de l'État.

 

Certains élus du bloc central ont toutefois pris position contre cette réforme. « La controverse sur l'Ademe est à l'image du débat politique en France. Peu importe la réalité de l'action de cet opérateur, ce qui compte pour une bonne partie de notre classe politique, c'est l'opportunité de marquer une posture virile en revendiquant une décision forte : supprimer ou affaiblir un opérateur de l'écologie qui est devenu un totem », s'est ainsi indignée l'ancienne ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, le 15 mai dans un post sur Linkedin. Mais son successeur, Mathieu Lefèvre est resté droit dans ses bottes : « l'article 7 sera maintenu tel quel », a-t-il déclaré lors du conseil d'administration extraordinaire.

 

Il reste maintenant à voir ce que la représentation nationale va faire de ces propositions gouvernementales qualifiées de « bâton pour se faire battre », par Benoît Leguet, directeur de l'Institut de l'économie pour le climat (I4CE) et membre du conseil d'administration en tant que personnalité qualifiée.

Face au vide de la rhétorique anti-écolo, la réalité des corps intoxiqués


En 2018, le paysan et pionnier de l’agroécologie en France, Pierre Rabhi, avait lancé une blague : « La nourriture comprend tellement de produits toxiques que quand on mange, il faut se souhaiter bonne chance plutôt que bon appétit. »