dimanche 6 août 2017

BELLAING Permaculture: le jardin potager plus bio que bio de Tiphaine

Lorsque l’on entre dans le jardin en permaculture de Tiphaine Bertrand, infirmière en psychiatrie, c’est la couleur de l’herbe qui vous surprend d’abord…


Alors que toutes les pelouses voisines ont jauni suite au manque d’eau, celle de Tiphaine est d’un vert profond. « Je n’arrose pourtant jamais » souffle-t-elle. Pelouse ? Pas vraiment… Ici, on a adopté la permaculture comme philosophie : les différentes plantes s’entremêlent comme dans la nature et offrent aux yeux un joli patchwork de couleurs et senteurs. « J’ai toujours eu envie de pouvoir cultiver et produire mes propres légumes et fruits. Mais avec mon dos qui me faisait souffrir, j’avais renoncé à l’idée de jardiner. Jusqu’au jour où, par le biais du film «Demain», j’ai découvert la permaculture. Dans ce type de culture, on ne bêche plus la terre, on apprend à respecter le sol : il est vivant, si vous en mélangez les couches en le blessant, vous le tuez petit à petit. »

« Le jardin du fainéant »
Tiphaine recouvre donc son sol : paille, tontes de pelouse, déchets de table… Petit à petit, il se reconstitue. Les insectes se font les artisans du potager, aérant le sol, le rendant meuble pour y planter des légumes sans effort. « C’est le jardin du fainéant, de celui qui n’a pas envie d’y dépenser trop financièrement ou physiquement. De celui qui souhaite participer à la biodiversité : en redonnant vie au sol, on nourrit la flore qui nourrit la faune… Je n’ai jamais vu autant d’oiseaux et de papillons chez moi, c’est fascinant et, désormais, mon jardin fait partie des refuges LPO. »


Rendement spectaculaire
Il est vrai que dans le petit jardin, les papillons, abeilles, coccinelles et oiseaux pullulent. Les légumes et fruits l’ont aussi envahi. Partout. « Au début, je ne pensais pas en avoir autant. Les gens autour de moi étaient vraiment sceptiques : on est tellement habitué, même dans la culture bio, à mettre des produits dans la terre ou sur les plants, que de laisser faire la nature nous semble étrange… » Pourtant, après seulement neuf mois de culture, Tiphaine obtient un rendement spectaculaire : elle peut nourrir sa grande famille jusqu’en octobre, peut-être même plus.


« La première année, j’ai dépensé cinquante euros en graine. Mais pour la seconde saison, je n’ai même plus besoin d’acheter : les graines, je les produis moi-même, ou je les échange via la page Facebook dont je suis coadministratrice. Nous sommes un groupe passionné par la permaculture, nous échangeons sur les techniques, savoir-faire… »

C’est aussi ça, l’esprit permaculture : une autre façon d’envisager le monde, aussi bien dans une culture qui s’inscrit dans la biodiversité que dans les rapports humains, respectueux eux aussi de la nature humaine. Un monde de partage, peut-être le monde de demain ? Tiphaine et le groupe « Permaculture Hauts-de-France » y croient. Ils seront présents aux Escapade de Bellaing, le 17 septembre, pour faire découvrir cette nouvelle façon de cultiver en proposant notamment des initiations et de belles photos de leurs jardins. 


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