jeudi 30 avril 2020

Un plan gouvernemental de 20 millions d’euros pour encourager la pratique du vélo pendant le déconfinement

Le plan comprend un forfait de 50 euros pour la remise en état d’un vélo au sein d’un réseau référencé de réparateurs et la création de places de stationnement temporaires.

Une Parisienne arpente en vélo le quartier de l’Opéra, à Paris, le 10 avril. GONZALO FUENTES / REUTERS

Afin d’éviter que le déconfinement soit synonyme d’une hausse massive de la pollution de l’air, le vélo est promu. Le ministère de la transition écologique et solidaire a notamment annoncé, mercredi 29 avril, un plan doté de 20 millions d’euros pour faciliter la pratique de la bicyclette et éviter que les Français privilégient trop leur voiture lorsqu’ils seront autorisés à se déplacer à nouveau, notamment pour se rendre au travail.

Coronavirus : « En réduisant la diversité, on augmente la probabilité qu’un virus passe d’une espèce à l’autre et atteigne les hommes »

Des experts de la Plate-forme intergouvernementale sur la biodiversité appellent à faire de la protection de la nature le socle des plans de relance afin de réduire la probabilité de futures pandémies.

Agriculture: Les Hauts-de-France, deuxième plus grande acheteuse de pesticides

Une base de données répertoriant le nombre d’achats de produits phytosanitaires par commune a été dévoilée par Mediapart. La région Hauts-de-France a acheté 8 475 tonnes en 2017. Ce qui en fait la deuxième plus grande acheteuse du pays derrière la Nouvelle-Aquitaine.

La région Hauts-de-France a acheté 8 475 tonnes de pesticides en 2017. Photo d’archives Pascal Bonniere / La Voix du Nord

C’est un classement dans lequel il ne vaut mieux pas arriver en tête. Et pourtant, la région Hauts-de-France est la deuxième au niveau national puisqu’elle a acheté 8 475 tonnes de pesticides en 2017, soit un peu moins que la Nouvelle-Aquitaine (9 141 tonnes). La région n’a même pas l’excuse de sa superficie agricole utile. Bien que celle-ci atteigne tout de même les 2,15 millions d’hectares, ce n’est pas la plus grande de France, contrairement à la Nouvelle-Aquitaine (3,9 millions d’hectares).

mercredi 29 avril 2020

Climat : gare à la relance économique « grise »

Le Monde Editorial.
La mobilisation massive pour sortir de la crise actuelle ne doit pas, comme après celle de 2008, se faire au détriment de la transition écologique. La France doit au contraire renforcer ses ambitions climatiques.

Bientôt des pistes cyclables « spécial déconfinement » en Ile-de-France

Les unes après les autres, les collectivités locales de la région adaptent leur voirie pour inciter aux déplacements à vélo et à pied à partir du 11 mai.

Sur la piste cyclable des voies sur berges le long de la Seine, à Paris, le 8 avril. CHRISTOPHE ENA / AP

A chaque jour son annonce. Mardi 21 avril, Christian Favier, le président communiste du conseil départemental du Val-de-Marne, « s’engage à créer des pistes cyclables pour répondre à l’urgence sanitaire ». Mercredi, Valérie Pécresse (ex-Les Républicains) se dit prête à mobiliser 300 millions d’euros pour que l’Ile-de-France, la région qu’elle préside, crée enfin un vrai réseau régional cyclable, en commençant par des voies provisoires adaptées au déconfinement. Jeudi, la Mairie de Paris devrait préciser ses projets en la matière.

En réduisant la pollution de l’air, le confinement aurait évité 11 000 décès en Europe en un mois

Un centre de recherche européen a calculé que les niveaux de dioxyde d’azote et de particules fines ont baissé respectivement de 40 % et 10 % en avril. En France, 1 230 décès auraient été évités.

Des piétons traversent une rue vide à Munich, dans le sud de l’Allemagne, le 17 avril. CHRISTOF STACHE / AFP

En Italie, en France ou en Allemagne, le confinement a entraîné une baisse sans précédent de la pollution de l’air. Les particules fines et le dioxyde d’azote (NO2) étant responsables, chaque année en Europe, de plus de 400 000 morts prématurées selon l’Agence européenne de l’environnement, des chercheurs ont essayé d’estimer le nombre de vies épargnées grâce à cette chute spectaculaire des niveaux de pollution constatée avec la mise en œuvre, depuis un mois, de mesures pour lutter contre le Covid-19. Environ 11 000 décès auraient été évités en Europe selon une étude publiée mercredi 29 avril par le tout jeune Centre for Research on Energy and Clean Air (Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur, CREA), un organisme de recherche indépendant international basé en Finlande et soutenu notamment par Climateworks et Bloomberg Philanthropies. Le Monde a eu accès aux résultats de ce travail inédit.

Planter une haie le long des chemins et des champs


Dire que les populations d’insectes, d’oiseaux et de petits mammifères s’effondrent est devenu un lieu commun depuis quelques années. Les rapports et statistiques s’accumulent et énoncent des chiffres tous plus alarmants que les autres.Il existe une solution simple et esthétique pour lutter localement contre la disparition de la faune, et ce sans évoquer la lutte contre les pesticides qui fera l’objet d’un article ultérieur, et ainsi restaurer une continuité écologique terrestre : planter une haie.

mardi 28 avril 2020

Les pesticides, ces alliés du coronavirus


Les pesticides de l’agriculture industrielle jouent-ils un rôle dans la propagation du coronavirus? Tristement, mais certainement, la réponse est oui. Une raison supplémentaire de décréter un moratoire sur leur épandage.


Climat : gare à la relance économique « grise »

La mobilisation massive pour sortir de la crise actuelle ne doit pas, comme après celle de 2008, se faire au détriment de la transition écologique. La France doit au contraire renforcer ses ambitions climatiques.

lundi 27 avril 2020

Huit pistes pour une relance verte des économies après le coronavirus

Les plans de relance en préparation doivent créer de l’emploi et de l’activité économique tout en contribuant à diminuer les émissions de CO2 et à améliorer la qualité de vie, plaident de nombreuses voix, qui soulignent une opportunité historique.


« Le Green Deal est aussi nécessaire qu’avant la crise. Le réchauffement climatique n’a pas disparu. » Ces mots ne sont pas ceux de militants écologistes, mais de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. En pleine bourrasque pandémique, le 15 avril, elle a rappelé avec insistance que les importants plans de relance qui seront nécessaires en Europe pour sortir de la récession économique devront prendre en compte la dimension climatique.

dimanche 26 avril 2020

"Toutes les conditions sont réunies pour un retour irréversible de la suprématie de la voiture individuelle"

Les consultants Joël Hazan, Pierre-François Marteau et Benjamin Fassenot craignent que la peur de la contagion et la baisse des budgets publics ne fassent délaisser transports en commun et « mobilité douce ».


L’immobilité quasi totale dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui constitue une situation inédite dans l’histoire récente des transports. Cette expérience nous rappelle d’abord des fondamentaux : mobilité des personnes, développement économique et environnement sont intimement liés.
L’impossibilité de se déplacer ampute le PIB mensuel d’environ 30 % en France, selon l’Insee. Et la chute vertigineuse du nombre de déplacements a permis, selon AirParif, une amélioration de la qualité de l’air de l’ordre de 20 % à 30 % dans l’agglomération parisienne.

Visite de Macron dans des serres de tomates : les agriculteurs bio voient rouge

Au lendemain de la visite du président dans une serre chauffée, où poussent des tomates hors sol, la Fédération nationale d’agriculture biologique dénonce «l’absence totale de vision écologique de l’Elysée».

Quelque 2 500 tonnes de tomates sont cultivées chaque année sous ces serres chauffées, sans pesticide certes, mais hors sol.
AFP/STEPHANE MAHE

Cette visite d'Emmanuel Macron mercredi dans des serres de tomates à Cléder, dans le nord du Finistère, les agriculteurs bios ne l'ont pas digérée. D'autant que le président entendait rendre hommage à toute la chaîne de « la ferme France », symbole de la « deuxième ligne » à l'arrière du front contre le Covid-19, celle qui assure l'alimentation des Français. La « guerre », le chef de l'Etat l'a « déclarée à la transition écologique » en arpentant les vastes serres chauffées où quelque 2 500 tonnes de tomates sont cultivées chaque année, sans pesticide certes, mais hors sol, estime la Fédération nationale d'agriculture biologique (FNAB).

samedi 25 avril 2020

Coronavirus : le Medef souhaite un moratoire sur des lois environnementales

Le Medef s'engouffre dans la brèche. En pleine crise sanitaire liée à l'épidémie de coronavirus, l'organisation patronale demande "un moratoire" sur la mise en place de mesures environnementales, notamment dans la lutte contre le gaspillage et le recyclage, selon un courrier publié jeudi 23 avril par Le JDD.

Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, arrive au ministère de l'Economie, le 3 mars 2020, à Paris.
(MICHEL STOUPAK / NURPHOTO / AFP)

Dans ce courrier daté du 3 avril, adressé à la ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, et signé par son président Geoffroy Roux de Bézieux, "le Medef demande un moratoire sur la préparation de nouvelles dispositions énergétiques et environnementales" liées à la loi sur la lutte contre le gaspillage et l'économie circulaire.

Six pistes pour apprendre à observer les oiseaux

Le confinement est propice à l’observation de nos compagnons ailés depuis nos fenêtres, balcons et jardins privés. Mésange charbonnière ou grive musicienne ?

Une mésange. CHRISTOF STACHE / AFP

Moins de bruit, de pollution aussi, des rues désertes : depuis le confinement, les canards des bords de Seine se dandinent sur les trottoirs parisiens, les méduses flânent dans les canaux vénitiens, tandis que rorquals et dauphins s’aventurent dans les ports méditerranéens. Les oiseaux et leurs chants n’ont jamais été aussi perceptibles dans les villes en sommeil, et l’oreille du confiné, nez à la fenêtre, un pied au jardin ou sur le balcon, aussi attentive à leurs allées et venues mélodieuses.

vendredi 24 avril 2020

Budget : le Sénat ignore les recommandations du Haut Conseil pour le climat et signe lui aussi le chèque en blanc aux grandes entreprises polluantes

Dans la droite ligne du gouvernement, la majorité conservatrice des sénateurs et sénatrices a refusé cette nuit d’imposer aux grandes entreprises des conditions environnementales strictes pour leur recapitalisation par l’État.


Les Amis de la Terre, Greenpeace France et Oxfam France dénoncent l’aveuglement des responsables politiques face à l’urgence climatique et leur subordination aux lobbies des industries polluantes.

Environnement. Parti d’une usine de Cambrai, un désastre écologique déferle sur l’Escaut

Le 9 avril, la rupture d’une digue dans une usine sucrière des Hauts-de-France a entraîné le déversement dans l’Escaut de quelque 100 000 mètres cubes d’eau de lavage mêlée de pulpe de betterave. La décomposition de cette matière organique consomme l’oxygène de l’eau à mesure qu’elle descend le fleuve, asphyxiant les poissons sur son passage.

Lever de soleil sur l’Escaut à Tamise (Belgique), août 2019. PHOTO JAMES ARTHUR GEKIERE/BELGA

C’est “une véritable catastrophe écologique” qui se déroule en ce moment le long de l’Escaut, déplore De Standaard. “Elle entraîne une forte mortalité piscicole et annihile, un en claquement de doigts, un nettoyage qui avait pris des dizaines d’années.” Tout a commencé dans la nuit du 9 au 10 avril, à l’usine sucrière Tereos, près de Cambrai. La digue d’un bassin de décantation a cédé et quelque 100 000 mètres cubes d’eau de lavage des betteraves sucrières se sont déversés dans l’Escaut, dont le tracé se poursuit en Belgique – d’abord en Wallonie, puis en Flandre – et enfin aux Pays-Bas. Cette masse, faite d’eau, de terre et de pulpe de betterave, descend depuis lors le cours du fleuve et, “partout où elle passe, la vie disparaît”.

La suite...

Pollution de l'Escaut : l'équivalent d'une marée noire


L'Escaut est "mort" sur plus de 90 km : la Région wallonne engage des actions contre le pollueur


La transition écologique résistera-t-elle à la crise ?

Que ce soit en France ou en Europe, les pressions sont nombreuses pour alléger les ambitions climatiques et environnementales face à la crise économique. Pour l'instant, les discours sont rassurants mais l'incertitude et la méfiance restent de mise.

La transition écologique résistera-t-elle à la crise ? © Cristian

Le Green deal européen est vu comme une bouée de sauvetage pour certains, un boulet pour la reprise économique pour d'autres À l'heure où de nombreux acteurs appellent à baser les plans de relance économiques en préparation sur les secteurs d'activités favorables à la transition écologique, il semble que l'enjeu soit surtout de préserver les acquis. La crise économique qui débute est propice aux remises en question et plusieurs signaux démontrent que le lobbying est intense pour affaiblir les ambitions environnementales.

Pesticides L’inadmissible décision gouvernementale !

Trop, c’est trop ! Après avoir avalisé fin 2019 via des textes réglementaires des distances minimales d’épandage près des habitations ridiculement faibles (10, 5 mètres contre les 50 réclamés par les ONG et certaines autorités), le gouvernement profite aujourd’hui du confinement pour permettre, en catimini, des réductions supplémentaires, au moment même où les épandages débutent !

Des champs de soja arrosés de pesticides en Argentine, le 8 février 2018 (photo d'illustration). PABLO AHARONIAN / AFP

En effet, un communiqué du Ministère de l’Agriculture indique clairement qu’en raison de la situation empêchant des concertations locales, une instruction permet aux utilisateurs de déroger aux distances minimales (évidemment à la baisse !) jusqu’en juin 2020 (bref pendant toute la période où se concentrent habituellement les épandages de pesticides) si les utilisateurs se sont engagés dans un simple projet de charte de bonnes pratiques … sans besoin qu’il soit concerté !


Des ONG déposent des recours contre les épandages de pesticides près des habitations

Le ministère de l’Agriculture a autorisé par dérogation des réductions de distance entre les zones d’épandage et les habitations, sous prétexte que le confinement complique le processus de concertation. Neuf ONG ont déposé des recours afin de suspendre les arrêtés. 

jeudi 23 avril 2020

Ville déconfinée, ville cyclable ? Les défenseurs du vélo préparent la bataille des mobilités

Dans la perspective du déconfinement, les promoteurs du cycle mettent en valeur un mode de déplacement adapté à la distanciation sociale. Ils travaillent pour que l’après-11 mai signe la progression significative du vélo dans les villes.

Une cycliste, quai de la Loire, à Paris, le 9 avril. BENOIT TESSIER / REUTERS

Virtuellement, la salle de 500 places était pleine à craquer, ce mercredi 22 avril. Toute la « cyclosphère » était réunie pour un « webinaire » sur le sujet du moment : la ville déconfinée sera-t-elle, enfin, cyclable ? Ou plutôt, selon le langage poli adopté par le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement) : « Aménagements cyclables temporaires et confinement : quelles opportunités ? »

Climat : le patronat s’active pour infléchir les normes

En raison de la crise due au coronavirus, les firmes françaises poussent le gouvernement et Bruxelles à revoir leur réglementation dans plusieurs domaines, comme la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

COLCANOPA

Le Covid-19 aura-t-il raison, pour un temps du moins, du programme environnemental de la France et de celui de Bruxelles, un des piliers de la politique de la Commission présidée par Ursula von der Leyen ? De nombreuses voix réclament des assouplissements et des délais supplémentaires : au Medef, à France Industrie et à l’Association française des entreprises privées (AFEP), qui regroupe les 113 premiers groupes actifs en France.

mardi 21 avril 2020

Coronavirus : le Conseil d’Etat demande une « vigilance particulière » avec les épandages agricoles

Les épandages agricoles sont à l’origine de pollution aux particules fines dont des études montrent qu’elles aggravent la mortalité du Covid-19.

Les épandages sont à l’origine d’épisodes de pollution printaniers. JOOST J. BAKKER/ CC BY 2.0

S’appuyant sur plusieurs études scientifiques démontrant le lien de plus en plus solide entre la pollution de l’air et la mortalité du Covid-19, l’association Respire et son avocate, Corinne Lepage, avaient demandé en référé au Conseil d’Etat d’enjoindre au gouvernement de prendre toutes les mesures pour limiter les sources de pollution, en particulier les épandages agricoles (lisiers, engrais). Dans une ordonnance rendue lundi 20 avril, le juge des référés du Conseil d’Etat rejette la requête de l’association spécialisée dans la préservation de la qualité de l’air.


Pas-de-Calais : pendant le confinement, certains agriculteurs ont la main lourde sur le Roundup

Dans le marais audomarois, un maraîcher a été verbalisé pour avoir pollué l'eau avec du désherbant Roundup.
(Photo archives) © Radio France - Matthieu Darriet

Suite à des contrôles de l'Office français de la biodiversité, des agriculteurs font l'objet d'une enquête pour ne pas avoir respecté les règles d'utilisation des désherbants. La justice a été saisie pour des cas flagrants, à Marck et Saint-Omer.

lundi 20 avril 2020

Coronavirus : "Si tout le monde porte un masque en tissu, alors ça sera aussi efficace que de porter un masque FFP2", affirme un pneumologue

Deux personnes qui se parlent et portent chacune un masque, c'est "90%" d'efficacité dans le filtrage des postillons qui contiennent potentiellement le coronavirus soit l'équivalent des "masques les plus performants", explique le professeur Bertrand Dautzenberg.

Le professeur Bertrand Dautzenberg, pneumologue, le 1er janvier 2016 lors d'un symposium à la Rochelle (Charente-Maritime). (XAVIER LEOTY / AFP)

Après le confinement, la population est appelée à se couvrir le visage avec des masques 'grand public' alternatifs. Les tutoriels pour les fabriquer soi-même fleurissent sur Internet. Sur le site de l'Afnor, le patron pour faire un masque en tissu a été téléchargé plus de 500 000 fois. Une excellente chose pour Bertrand Dautzenberg, pneumologue et fondateur de montissumasque.com. Invité sur franceinfo vendredi 17 avril, il affirme que "si tout le monde porte un masque en tissu, alors ça sera aussi efficace que de porter un masque FFP2".

Total, Vinci et Carrefour s’invitent dans les cours d’économie au lycée

La politique environnementale de Total et celle de Vinci comme cours aux lycéens ? C’est ce que propose un site de ressources pour les sciences économiques et sociales (SES). Il est validé par l’Éducation nationale. Des professeurs protestent.


Les intitulés interpellent : « Carrefour et la question de la biodiversité » ; « Total. Le climat, un enjeu pour la stratégie d’entreprise » ; « Vinci Autoroutes et la question environnementale ». On pourrait croire à des titres de documents de communication de ces entreprises. Il s’agit en fait de cours clé en main, d’une heure, mis à disposition des enseignants de sciences économiques et sociales (SES) de lycée et classes préparatoires, de leurs élèves, et désormais aussi des parents en ces temps de confinement et d’école à la maison.
Ces généreux présents sont offerts par le site Melchior, qui propose aux élèves et professeurs de SES des ressources pédagogiques.

Coronavirus : le Conseil d’Etat demande une « vigilance particulière » avec les épandages agricoles

Les épandages agricoles sont à l’origine de pollution aux particules fines dont des études montrent qu’elles aggravent la mortalité du Covid-19.

Les épandages sont à l’origine d’épisodes de pollution printaniers. JOOST J. BAKKER/ CC BY 2.0 

S’appuyant sur plusieurs études scientifiques démontrant le lien de plus en plus solide entre la pollution de l’air et la mortalité du Covid-19, l’association Respire et son avocate, Corinne Lepage, avaient demandé en référé au Conseil d’Etat d’enjoindre au gouvernement de prendre toutes les mesures pour limiter les sources de pollution, en particulier les épandages agricoles (lisiers, engrais). Dans une ordonnance rendue lundi 20 avril, le juge des référés du Conseil d’Etat rejette la requête de l’association spécialisée dans la préservation de la qualité de l’air.
La haute juridiction encourage toutefois l’administration à « faire preuve d’une vigilance particulière dans le contexte actuel d’état d’urgence sanitaire, en veillant à ce que soient prises, au besoin préventivement en cas de menace avérée de franchissement des seuils, des mesures propres à éviter la survenue ou au moins à réduire la durée des épisodes de franchissement des seuils, notamment en limitant les pratiques agricoles polluantes, l’activité agricole demeurant, en raison de la très forte diminution des pollutions liées à l’industrie et aux transports, la principale source d’origine humaine d’émission de particules avec celle provenant du secteur résidentiel, à plus forte raison dans la période actuelle d’épandage ».

dimanche 19 avril 2020

Ce qu’un peuple veut


Certes, tout cela aura une fin. Mais en attendant, la crise en cours réhabilite la politique dans ce qu’elle a de plus essentiel. Ce que nos gouvernants ont imposé à l’industrie sans un mot de protestation, ils peuvent l’obtenir demain de «géants» comme Bayer-Monsanto, BASF ou Syngenta. Oui, on peut décréter la fin des pesticides comme on peut annoncer le confinement d’un peuple. Pour l’heure, le déni de réalité continue d’habiter le cœur de nos politiciens. Mais demain?


Pesticides : le coronavirus n’arrête pas Bayer-Monsanto, BASF et Syngenta


Alors que le monde entier a les yeux rivés sur la crise du Covid-19, les puissants fabricants de pesticides européens - Bayer-Monsanto, BASF et Syngenta - font actuellement tout ce qui est en leur pouvoir pour bloquer toutes règles plus strictes sur les pesticides. En particulier, ils défendent ardemment leur autorisation à fabriquer et exporter vers d’autres continents des substances interdites en Europe au mépris de la santé, de l'environnement et des droits humains. Pourtant bannis dans l’Union, ces pesticides utilisés ailleurs finissent par revenir par effet boomerang dans nos assiettes via les importations de produits alimentaires. foodwatch France, Allemagne et Pays-Bas lancent aujourd’hui une pétition pour mettre fin à cette pratique.


PÉTITION

vendredi 17 avril 2020

Les oiseaux font leur nid : ne taillez pas les haies, n'élaguez pas les arbres !

La LPO recommande de ne plus tailler les haies ni d’élaguer les arbres entre fin mars et fin juillet, afin que les oiseaux puissent nidifier en paix.

Verdier d'Europe (chloris chloris) - Crédit photo : Philippe Jourde

Avec l’arrivée des beaux jours et plus encore en cette période de confinement forcé, les amateurs de jardinage en profitent pour bichonner leur terrain. Cependant, il faudra encore patienter quelques mois avant de pouvoir sortir taille-haie, scie ou tronçonneuse : c’est la pleine saison de nidification chez les oiseaux et beaucoup d’espèces s'installent dans les haies et les arbustes. Ainsi, le Merle noir, le Rouge-gorge familier, l’Accenteur mouchet, le Verdier d’Europe, le Pinson des arbres, et bien d’autres utilisent les enfourchures des branches pour accrocher leurs nids.

Quel monde pour après ?

Dans un texte intitulé "Propositions pour un retour sur Terre", Dominique Bourg, Philippe Desbrosses, Gauthier Chapelle, Johann Chapoutot, Xavier Ricard-Lanata, Pablo Servigne et Sophie Swaton tentent de jeter les bases écologiques de l'après-coronavirus.


Invité de France Inter ce vendredi, Dominique Bourg analyse la réaction des autorités face au Covid-19. "L’OMS a prévenu le 31 décembre au soir d’une possible pandémie. Taïwan a tout de suite filtré la population qui venait de Wuhan, et leur taux de morts est bien en dessous des nôtres", remarque le philosophe. "Nous n’avons réagi que quand les morts étaient à nos portes. Il a fallu que l’on touche la mort du bout du doigt."

Dominique Bourg compare cette réaction tardive à celle face au climat. "Il faut qu’on ait le nez dedans pour qu’on réagisse. La différence entre le Covid et le climat, c’est que le climat on a décidé il y a 20 ans ce que l’on a maintenant."

Faut-il redémarrer l'économie, conformément au souhait du gouvernement ? Surtout pas, estime Dominique Bourg, qui rappelle que les experts du Giec nous demandent de diviser dans les dix ans les émissions mondiales. "Si on ne le fait pas, on va exploser la base des deux degrés. Si on repart comme avant, on va continuer à accumuler et accroître nos émissions, et se retrouver sur la trajectoire de 3,5 ou 4 degrés."

Brétignolles-sur-Mer. En plein confinement, les autorités font évacuer et incendier (!) la ZAD de la Dune

C’est ce qu’on appelle un serpent de mer. Le genre de projets qui ne voit jamais le jour mais qui refait surface tous les quatre matins. Le port de plaisance de Brétignolles-sur-Mer est de ceux-là. Le 8 avril dernier, en plein confinement, les autorités ont évacué et incendié la ZAD de la Dune qui était là pour empêcher la construction inutile.


Evelyne Bouillon, élue de l’opposition à Saint-Hilaire-de-Riez et tête de liste de « Saint Hilaire l’océan, c’est maintenant » au premier tour des élections municipales de mars réagit à l’expulsion de la Zad de Brétignolles-sur-Mer.
« Pendant cette période de confinement, Christophe Chabot, maire de Brétignolles, a profité de l’occasion de l’expulsion de la Zad pour en bafouer les règles, mettre en danger la population et détruire encore un peu plus la biodiversité. » Elle pointe du doigt la responsabilité des élus du territoire. « Aucun maire de notre communauté de communes n’est intervenu pour s’exprimer. Jusqu’où vont-ils tout accepter du président de la communauté de communes ? À la veille d’économies indispensables, nous demandons un moratoire et un vrai débat pour analyser des propositions alternatives à ce projet de port si onéreux. »

La science, puissant antidote aux maux de l'océan

Si nous devions choisir l'un des enseignements à tirer de la crise que nous traversons, ce serait l’impératif absolu d’investir durablement dans la science et d’écouter les experts afin d’éviter les multiples crises sanitaires et environnementales qui se profilent.


Alors que des scientifiques du monde entier avaient étudié et alerté sur l’émergence de ces épidémies notamment causées par la destruction par l'homme de la biodiversité, les industriels tirant profit de ces alertes ont fermé les yeux et continué leurs activités macabres. Mais ils n'ont pas été les seuls. Les décideurs politiques ont eux aussi non seulement ignoré les alertes des scientifiques, mais ont de surcroît causé la fermeture de nombreux programmes de recherche faute de vision à long terme. Des programmes de recherche qui auraient servi à mieux nous préparer et répondre à la propagation de l’épidémie de COVID-19.

Construire une société résiliente et décarbonée : l’impossible retour à la normale

Il est frappant de constater que nous avons modifié en profondeur, très rapidement bien que parfois difficilement, nos habitudes et nos façons de vivre.
De nombreux actes de solidarité et d’entraide ont été observés, preuve de la capacité humaine à faire société quand la situation l’exige. Cela invite à une certaine confiance quant à la possibilité de faire face à d’autres impératifs, notamment ceux qui mobilisent The Shift Project depuis sa création : la dépendance aux énergies fossiles et le changement climatique.


Des activités interdépendantes Mais la crise déclenchée par le Covid-19 a également rappelé les liens qui existent entre nombre d’activités de notre société. Beaucoup sont interdépendantes, et la notion d’activité essentielle a pris une tournure toute particulière. Les gardes d’enfants, le ramassage des poubelles, le réassortiment des étals, les aides-soignant.e.s, la poste, l’agriculture etc. : toutes ces activités n’étaient pas toujours comprises comme essentielles à la bonne marche de la vie en France.

jeudi 16 avril 2020

Opération « un masque pour tous » à Coeur d’Ostrevent

Cœur d’Ostrevent (CCCO), en collaboration avec l’association APRES, a décidé de donner un masque en tissu à chacun des habitants des communes de l’intercommunalité. La CCCO ne fait, selon Frédéric Delannoy, son président, que devancer l’application d’une mesure qu’il prévoit obligatoire sous peu.


C’est une demande de l’association APRES (Association Promotion Recherche Environnement Santé publique) qui a incité la CCCO à se pencher sur l’idée d’équiper les 75 000 habitants des communes de l’intercommunalité d’un masque en tissu couvrant la bouche et le nez. Et aussi le sentiment que le port de ce masque n’allait pas tarder à être imposé en cas de sortie.
"L’association, dans laquelle il y a plusieurs médecins, préconise le port de cet équipement sur la base de données scientifiques avérées", indique le Dr Paul Cordonnier, président de l’association APRES qui rayonne dans le Valenciennois et à l’est du Douaisis.

Tout savoir sur l'opération...

Association Promotion Recherche Environnement Santé publique
A.P.R.E.S.

Patrons de masques type « canard ».


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Coronavirus:
La Porte du Hainaut va distribuer des masques à ses habitants

Une commande de 160 000 masques en textile lavables va être lancée, ce qui correspond précisément au nombre d'habitants du territoire.

La suite...

« On va investir des milliards dans des entreprises polluantes sans aucune contrepartie »

Le député écologiste Matthieu Orphelin s’insurge contre le projet consistant à augmenter la participation de l’Etat sans contrepartie dans des secteurs comme l’automobile ou l’aérien, durement touchés par l’épidémie due au coronavirus.

Le député Matthieu Orphelin, le 4 février à l’Assemblée nationale. THOMAS SAMSON / AFP

Le projet de budget rectificatif qui prévoit un paquet de mesures d’urgence pour permettre de soutenir l’économie française en pleine crise sanitaire doit être voté en urgence, vendredi 17 avril, à l’Assemblée nationale. Parmi les dispositions de ce plan de plus de 100 milliards d’euros, figure une ligne budgétaire de 20 milliards d’euros, dont l’objectif prioritaire est de « contribuer au redressement économique et financier des entreprises stratégiques les plus affectées par la crise sanitaire ».

Covid-19 : des tonnes d’aliments détruits questionnent la mondialisation

Alors que l’ONU alerte sur le risque de pénuries alimentaires qui pourraient provoquer famines et malnutrition dans les pays les plus exposés, d’énormes quantités de nourriture sont gaspillées et détruites chaque jour dans le monde. Dans de nombreuses fermes américaines, les travailleurs sont en effet contraints de détruire leurs propres récoltes, faute d’acheteurs.


Nouvel effet pervers d’un système mondialisé trop vulnérable, cette conséquence absurde de la pandémie pourrait en être un effet tout aussi dévastateur.

Explications.
Si certains s’alarment d’une potentielle pénurie de papier toilette ou de farine dans les supermarchés, des logiques bien plus graves sont à l’œuvre loin des regards suite à l’apparition du covid-19. Dans un communiqué publié conjointement par la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), l’OMS (Organisation mondiale de la santé) et l’OMC (Organisation mondiale du commerce), les dirigeants de ces trois organismes alertent sur une potentielle pénurie alimentaire sur le marché mondial.

mercredi 15 avril 2020

Cyril Dion : « Ce qui nous arrive pourrait se produire avec la crise climatique et écologique »

Le réalisateur de « Demain » a répondu à vos questions sur l’écologie pendant et après le confinement, lors de notre direct consacré à « nos vies confinées ».


Chaque jour, dans le cadre du direct consacré à « nos vies confinées », un invité répond en tchat aux lecteurs du Monde. Mardi 14 avril, le réalisateur et écrivain Cyril Dion, coauteur du film documentaire Demain, s’est intéressé aux questions écologiques soulevées par la crise du coronavirus et à la manière d’imaginer la suite.

Pas de répit pour le climat durant la Covid-19

Le réchauffement climatique ne s’arrête pas pour cause de Covid-19. C’est ce que souligne l‘annonce, hier par l’équipe de Nasa et de l’Université Columbia de New York, de l’analyse des températures planétaires durant le mois de mars 2020. Avec un écart de 1,18°C par rapport à la moyenne calculée sur 1951/1980 pour le mois de mars, l’élévation de la température planétaire est remarquable.


A l’exception de quelques régions – Atlantique Nord, nord de l’Inde et Pakistan, Antarctique, des régions de l’Atlantique Sud et du Pacifique Sud – la grande majorité de la planète, océans comme terres émergées, affiche des hausses allant jusqu’à 8,4°C au dessus des moyennes climatologiques. 

Les écarts les plus importants sont relevés sur l’ensemble de la Russie et de la Mer Caspienne à la côte Pacifique. 2020 offre le deuxième mois de mars le plus chaud dans les relevés thermométriques depuis 1880 dans la série analysée.

Economie : "Comment ne pas redémarrer pour tout recommencer ?"

Dans une tribune au "Monde" quarante-quatre hommes et femmes politiques, intellectuels et militants engagés à gauche lancent un appel pour construire après l’épidémie un monde qui ne repose plus sur un "individualisme égoïste et concurrentiel promu par le néolibéralisme" mais qui propose "des modèles alternatifs".

"Ne pas retourner au travail mais retourner dans nos lieux de travail pour y tenir des assemblées où décider de ce que nos productions doivent devenir : être arrêtées ? ré-orientées?  relocalisées ?" John Holcroft/Ikon Images / Photononstop Tribune.

En 1971 commence à être publiée une bande dessinée qui devient un film en 1973 : "L’an 01". Dans ce récit haut en couleur des utopies de cette période, la population décide de tout arrêter – production, travail, école, etc. - et de se mettre à réfléchir à ce qui doit être redémarré ou pas. Les usines de voiture ? Les fabriques de pâtes ? Les grands magasins ? les grandes fermes industrielles ? Dès les premières pages de la bande dessinée, le ton est donné : il faut arrêter ce mode de vie qui n’a plus de sens et qui mène la planète à la catastrophe.

mardi 14 avril 2020

Quelques réflexions sur la régulation de la publicité

Passer à une société sobre et égalité est maintenant une nécessité. Dans ce cadre, la régulation de la publicité s'impose. Henri Sterdyniak fournit ici quelques pistes.

L’objectif devrait être maintenant d’aller vers une société sobre, égalitaire, socialiste, au sens où les grandes évolutions de la production et de la consommation devraient être décidées de façon collective (et non pas imposées par les stratégies des grandes firmes). Il faudrait satisfaire les besoins essentiels à moindre coût en termes de pollution et d’émission de gaz à effet de serre. Développer des besoins nouveaux superficiels ou des consommations ostentatoires ne devrait plus être une priorité.

A l’instar du Covid-19, « la pollution, chronique, massive et insidieuse est aussi un fléau mondial qui pourrait être jugulé »

Deux historiens, François Jarrige et Thomas Le Roux, expliquent dans une tribune au "Monde" que des études montrent que les émissions de gaz à effet de serre et la pollution ont baissé dans les grandes régions industrielles grâce à la réduction drastique des activités économiques, épargnant de nombreuses vies

"La pollution atmosphérique est responsable de la mort prématurée de 5 à 9 millions de personnes par an dans le monde"
(photomontage : New Delhi le 8 novembre 2018 et le 8 avril 2020).STAFF / REUTERS

Tribune. La pandémie due au coronavirus aura-t-elle pour effet d’endiguer le réchauffement climatique et la contamination du monde lié aux pollutions massives, ce qu’aucune politique publique n’était parvenue à réaliser ? La nature se "vengerait-elle" de l’action de l’humanité, de la destruction des forêts et de la marchandisation intensive du vivant, en libérant un virus présent naturellement dans un écosystème, comme le sont 60 % des virus en circulation dans le monde, dont le VIH, le SRAS et Ebola ?

Cyril Dion : « La crise du Covid-19 peut nous aider à construire le monde d’après »

Tirer les leçons du chaos que nous traversons doit nous permettre de rebâtir une société plus juste et plus vivable. Surtout, cela doit permettre de mieux appréhender un autre grand danger : le dérèglement climatique, estime l’écrivain et cinéaste dans une tribune au « Monde »

Un homme fait tourner un globe terrestre dans un parc, le 4 avril à Wuhan (Chine). ALY SONG / REUTERS

Tribune. Depuis que la majorité d’entre nous est confinée, les réseaux sociaux crépitent, appelant à faire de cette pause forcée un moment de réflexion collective sur ce que sera l’après-coronavirus.

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dimanche 12 avril 2020

Sortie de crise : les propositions choc de la Convention citoyenne pour le climat


Sans attendre son vote final et face à la crise du coronavirus, la Convention citoyenne pour le climat a présenté ce vendredi au gouvernement des propositions ambitieuses pour un plan de relance socialement juste et écologiquement soutenable.

Crise sanitaire : les propositions se multiplient pour penser un après plus écologique

Le monde sortira un jour de la pandémie du Covid-19 et devra relever un système économique exsangue, voire le transformer en profondeur pour que les mêmes maux n’apparaissent plus. Afin de préparer dès maintenant la suite, les initiatives fleurissent : parlementaires, associatifs, syndicats…


Bruno Le Maire l’a prédit au Sénat lundi 6 avril : la France devrait connaître la pire récession de son histoire depuis la Seconde Guerre mondiale. Comment rebondir après une crise aussi grave ? « Le jour d’après ne sera pas un retour au jour d’avant », a promis Emmanuel Macron lors de son intervention télévisée du 16 mars dernier.
Pourtant, les premières décisions gouvernementales ne laissent rien présager de bon : détricotage du Code du travail, refus de restaurer l’impôt sur la fortune, soutien à l’industrie fossile et aéronautique…

À l’inverse, de nombreux Français réclament un changement de modèle. Selon un sondage publié par le quotidien Libération mardi 31 mars, 84 % des sondés appellent de leurs vœux la relocalisation en Europe d’un maximum des filières de production ; 69 % veulent « ralentir le productivisme et la recherche perpétuelle de rentabilité » ; 88 % réclament un « accès à l’eau et à un air de qualité » et 76 % à la « biodiversité ».
Les 150 membres de la convention citoyenne pour le climat, qui travaillent depuis six mois sur des réponses à la crise climatique, ont aussi débattu d’une stratégie de sortie de la crise du Covid-19 lors d’une session en visioconférence les 3 et 4 avril. Leur emboîtant le pas, des élus et des associations ont lancé des outils pour inventer collectivement une relance synonyme de transition écologique et sociale, et peser pour l’imposer face à celles et ceux qui préconiseraient plutôt le retour au business as usual.

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Coronavirus : le climat sera-t-il au cœur des plans de relance de l’économie ?

Après la crise de 2008, les plans massifs de soutien avaient conduit à une forte hausse des émissions de CO2. L’espoir est de les voir, 12 ans après, contribuer à la transition énergétique.

COLCANOPA

La crise économique provoquée par la pandémie de Covid-19 va-t-elle réduire à néant les efforts pour limiter les effets du changement climatique ? Ou sera-t-elle l’occasion d’orienter les plans de relance massifs en préparation vers la transition énergétique et écologique ?

"Il est très important que les gouvernements ne pensent pas uniquement en termes de relance de l’économie et s’attachent à la construction d’un meilleur futur, alerte Fatih Birol, le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Les plans de relance sont d’une ampleur qui n’arrive qu’une fois par siècle, au regard des montants mobilisés. Cela va structurer l’économie et donner forme au monde dans lequel nous allons vivre."