dimanche 21 août 2016

Feu vert de l’État pour l’installation de onze éoliennes entre Avesnes-le-Sec et Iwuy

C’est une victoire pour les promoteurs du projet et un coup dur pour le collectif de riverains mobilisés contre l’implantation d’éoliennes dans les champs, sur les hauteurs entre Avesnes et Iwuy : la préfecture a rendu, début août, un arrêté autorisant l’installation du parc.


L’arrêté est daté du 3 août. Il émane de la préfecture du Nord et autorise l’exploitation de onze éoliennes d’une hauteur de 175 mètres de haut (en comptant les pales). La nouvelle n’est pas une complète surprise puisque déjà début avril, nous nous faisions l’écho du rapport favorable émis par le commissaire enquêteur sur le projet. Avec un bémol toutefois puisqu’il préconisait de réduire le nombre de machines à huit. Selon lui, trois d’entre elles, érigées sur le territoire d’Avesnes-le-Sec, « impactent le plus le paysage et donnent un effet d’écrasement au village ». Ce faisant, cela « permettra d’améliorer le niveau sonore diurne et nocturne » du projet. Une éolienne, « bien que les risques en soient minimes », pourrait également « s’effondrer sur la route, compte tenu de sa hauteur ». Ces arguments n’ont visiblement pas convaincu les services de l’État (*) qui s’en tiennent donc au projet initial : onze machines dont sept à Avesnes et quatre à Iwuy.

« Population pas entendue »
« À quoi a servi l’enquête publique alors si on ne tient pas compte du commissaire enquêteur ? À rien », réagit à chaud Olivier Coleau. Pour ce conseiller municipal d’opposition, membre du collectif de riverains mécontents, c’est une « grosse déception » : « On avait même rencontré le sous-préfet en compagnie des maires de Villers-en-Cauchies et Lieu-Saint-Amand pour faire part de notre mécontentement. On avait aussi écrit à Xavier Bertrand (le président de la Région et pas franchement adepte de l’éolien). La population n’a pas été entendue. » Pour sa collègue au conseil aussi c’est la douche froide : « C’est un petit village sympa que l’on aime bien, soupire Christine Le Pessec. Mais, moi, ça me pousse à partir. Je viens de faire construire et je ne finirai pas mes jours là. » Ces opposants au projet se « réservent le droit d’un recours administratif », glisse Olivier Coleau. Et préviennent : « On sera vigilant sur les aménagements paysagers prévus… » Des aménagements, type plantations de haies, censés limiter l’impact visuel pour les riverains.

Du côté d’Escofi, porteuse du dossier avec la société WPD, cet arrêté était au contraire attendu. « C’est forcément une bonne nouvelle parce que le chemin est long et coûteux », résume-t-on chez Escofi. Même si ce chemin n’est pas encore tout à fait près d’aboutir. Les éoliennes ne sortiraient pas de terre avant l’horizon 2018-2019. « Il y a encore la phase liée au raccordement du parc éolien. Cela peut prendre un an, pour faire une proposition à ErDF et après seulement une convention de raccordement. Depuis fin 2015, le réseau picard est saturé. La saturation n’est pas encore effective dans le Nord, mais il y a beaucoup de parcs éoliens dans le secteur. » Si dans l’arrondissement de Valenciennes, les hélices n’ont pour l’heure pas faire leur apparition, côté Cambrésis, les implantations se sont en effet multipliées ses derniers mois.

(*) Interrogée, la préfecture ne nous a pas (encore) expliqué pourquoi avoir choisi onze éoliennes plutôt que huit.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire